Dangers climatiques : la France face à ses responsabilités – 8ème rapport annuel du HCC

 

Des chocs d’une ampleur inédite

En 2025, le niveau de réchauffement planétaire dû aux activités humaines atteint 1,4°C. Il se poursuit à un rythme record et l’Europe est le continent qui se réchauffe le plus vite. Les impacts du changement climatique deviennent de plus en plus dangereux pour la santé, pour les écosystèmes, pour les infrastructures et pour les activités économiques qui ont été conçus pour un climat qui n’existe plus. Le HCC renouvelle son alerte : la France n’est pas prête à faire face aux impacts du changement climatique.

Par ailleurs, le maintien d’une économie fortement dépendante des énergies fossiles accroît la vulnérabilité de la France aux chocs géopolitiques et aux fluctuations des prix de l’énergie. Il génère également des coûts élevés pour la santé, fragilise la production agricole et accentue les risques de précarité énergétique et alimentaire, d’inégalités et de pauvreté.

L’urgence du passage à l’échelle des actions d’adaptation et d’atténuation

Il est impératif que la France améliore sa résilience, protège les plus vulnérables et contienne l’aggravation des dommages en changeant d’échelle dans l’ampleur, la portée et la vitesse de mise en œuvre des actions d’adaptation.

L’Accord de Paris sur le climat a ralenti le rythme de hausse des émissions fossiles au niveau mondial. Il reste possible de limiter le réchauffement planétaire sous 2°C à condition d’accélérer fortement sur les politiques d’atténuation.

Le réchauffement futur dépendra de l’ensemble des émissions mondiales de gaz à effet de serre à venir, et se poursuivra tant que la neutralité carbone ne sera pas atteinte. L’Europe et la France peuvent mettre fin à leur contribution au réchauffement planétaire en réduisant leurs émissions de gaz à effet de serre jusqu’à zéro net.

En 2025, le rythme de baisse d’émissions a encore ralenti en France. D’après l’estimation consolidée, la baisse des émissions de GES entre 2023 et 2024 est de 3%. La baisse pré-estimée entre 2024 et 2025 est de 2,1%. Le puits de carbone forestier, essentiel pour atteindre la neutralité, s’est fortement dégradé sous l’effet, notamment, du changement climatique.

Un cadre d’action publique complété en 2025-2026, mais avec des reculs et des fragilités quant à sa mise en œuvre

Le HCC a salué la publication, en 2025 et 2026, du 3ème Plan national d’adaptation au changement climatique, de la 3ème Programmation pluriannuelle de l’énergie et du projet final de 3ème Stratégie nationale bas-carbone. Ensemble, ces trois documents constituent le socle de la stratégie française énergie climat (SFEC). Cette stratégie n’est toutefois pas adossée à des financements à la hauteur des besoins.

L’atteinte des objectifs climatiques suppose de doubler les investissements bas-carbone, publics comme privés, tout en divisant par deux les investissements carbonés.

Le HCC salue également la relance de l’électrification des usages, un levier essentiel de décarbonation, portée par le plan présenté en avril 2026.

Le principal enjeu est maintenant de renforcer la SFEC et de garantir sa mise en œuvre rapide et complète. En parallèle, une attention doit être portée aux risques d’affaiblissements de dispositifs liés aux enjeux climatiques, risques observés dans les débats parlementaires en 2025 et en début d’année 2026 et qui constituent un signal préoccupant.

Dans son rapport 2026, le Haut conseil pour le climat formule une série de recommandations, auxquelles le Gouvernement devra répondre, pour des politiques climatiques plus justes, plus ambitieuses et plus efficaces. Elles ont notamment pour objectif de :

  • Protéger les personnes et les biens des impacts du changement climatique, notamment grâce à des actions d’adaptation et de prévention face aux épisodes de fortes chaleurs ;
  • Renforcer l’accessibilité de la transition pour tous ;
  • Garantir les investissements nécessaires à la transition écologique ;
  • Mettre en cohérence des politiques sectorielles avec les objectifs climatiques ;
  • Repositionner la diplomatie climatique de la France autour de nouvelles formes de coopérations.

 

Cette année, le HCC formule également 11 orientations pour transformer les politiques climatiques françaises à moyen terme et engager la France vers une nouvelle génération de politiques climatiques permettant de protéger la population.

 

Lien de téléchargement du rapport